SNUipp-FSU Guyane
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Grève du 6 février 2018 : précisions du SNUipp-FSU Guyane
dimanche, 4 février 2018
/ SNUipp-FSU 973 /

co-secrétaire départemental du SNUipp Guyane

Vous êtes quelques-uns à nous avoir interrogés sur l’appel à la grève du 6 février 2018 et la position du SNUipp-FSU Guyane. C’est pourquoi nous souhaitons vous apporter quelques précisions.

Les CPE des établissements de l’ouest ont demandé aux syndicats de porter leurs revendications concernant les difficultés rencontrées dans les vies scolaires. Ils réclament, à juste titre, des moyens humains supplémentaires (surveillants et CPE) car le fonctionnement des vies scolaires devient impossible, conséquence directe du non renouvellement des contrats aidés (dénoncé par l’intersyndicale lors de la grève du 10 octobre 2017).

L’intersyndicale, composée de SUD Education, STEG-UTG et SNES-FSU, a relayé les revendications légitimes de nos collègues du secondaire et a appelé à la grève du 30 janvier 2018. D’autres établissements du secondaire ont participé à cette mobilisation afin de dénoncer les actes de violence dans et aux abords des établissements du second degré.

L’amplification du mouvement, avec la grève du 6 février prochain, devrait mobiliser d’autres collèges et lycées, eux aussi touchés par ces violences et les manques de moyens humains.

Si les écoles de Guyane sont également concernées par des difficultés du même ordre, les revendications de nos collègues sont bien spécifiques aux réalités du second degré : augmentation du nombre de CPE et de surveillants.

C’est pourquoi le SNUipp-FSU Guyane, syndicat d’enseignants du premier degré, n’a pas appelé à la grève, il n’a pas été décidé collectivement de construire un mouvement concernant l’ensemble de l’éducation, mais plutôt de conserver les spécificités de ce mouvement sans prendre le risque de "noyer" les revendications et affaiblir les possibles avancées.

Cependant, le SNUipp-FSU Guyane respecte et respectera toujours les luttes en cours. Il apporte, au sein de la FSU Guyane, son soutien à l’ensemble des collègues qui se mobilisent.

Les actes de violences ne sont que les conséquences visibles d’un système éducatif et social dévasté car sous-investi :

- écoles, collèges et lycées saturés et en nombre insuffisant (manque d’espaces collectifs, de salles, de structures adaptées)
- transport scolaire inadapté, restauration scolaire insuffisante et internats trop peu nombreux
- taux d’encadrement insuffisant (en Guyane : 93 adultes pour 1000 jeunes de 6 à 16 ans contre une moyenne nationale de 134 adultes)
- pas de réel projet éducatif adapté et réalisable (projet académique inexistant, REP+ sans les moyens humains et financiers, formations insuffisantes)
- pilotage académique inexistant (des annonces par voie de presse mais peu de concret sur le terrain)
- hiérarchie préférant nier et cacher les réalités plutôt qu’être aux côtés de la communauté éducative

Ces constats, nous les partageons tous ! C’est en luttant collectivement que nous dénoncerons cette situation indigne de l’éducation en Guyane. C’est en luttant collectivement que nous ferons entendre nos propositions pour améliorer les conditions de scolarisation de nos élèves et nos conditions de travail.

Si vous souhaitez être en grève mardi 6 février 2018, vous avez la possibilité de vous mobiliser car vous êtes couverts par un préavis de grève au niveau national.

Le SNUipp-FSU Guyane vous invite à afficher votre soutien à nos collègues du secondaire en participant aux mobilisations prévues à St Laurent, Kourou et Cayenne (les grèves à la maison sont invisibles et peu efficaces).

Le SNUipp-FSU Guyane vous rappelle que nous sommes opposés aux déclarations d’intention de grèves car :

- c’est une atteinte au droit de grève, droit si durement gagné
- le SMA (service minimum d’accueil), tel qu’il est prévu par la loi, n’existe pas en Guyane
- pas de sanction si ce n’est la perte d’un jour de salaire

Salutations militantes,

Le bureau du SNUipp-FSU Guyane